| Le
projet pédagogique AID |
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| 1. |
La crise est profonde et elle fait des dégâts
considérables ; elle détruit des individus contraints
à un très long chômage. Face à
cette situation, on ne peut rester les bras croisés.
Les AID s’inscrivent dans cette logique associative
de refus des fatalités. |
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| 2. |
Les AID sont, selon les cas, services du MOC ou associées
au MOC. Elles en escomptent la capacité de pouvoir
articuler les logiques micro-sociales (les actions locales,
de solidarité immédiate) aux logiques macro-sociales
(les actions permettent de recenser des problèmes,
des difficultés, des blocages, impossibles à
résoudre localement : ils nécessitent des relais
institutionnels plus généraux. Les AID ne veulent
pas être simplement des “aménageurs de
société duale” : c’est pourquoi,
il faut être politique, et agir avec des relais organisés). |
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| 3. |
Pour
sortir de la crise, il n’y a pas de recette miracle.
C’est pourquoi il faut dans la société
des espaces de liberté, qui permettent l’expérimentation.
Les AID revendiquent de pouvoir occuper ces espaces de liberté
et d’expérimentation. En contrepartie, elles
acceptent l’évaluation. |
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| 4. |
L’offre
concrète des AID est d’abord de formation/insertion
: il y a un travail de formation professionnelle avec des
perspectives d’insertion. Le fait de se donner un statut
expérimental ne signifie pas que l’on s’autorise
n’importe quoi. Il convient de baliser le champ de ce
que l’on peut faire et ne pas faire, notamment du point
de vue du statut des personnes. C’est pourquoi, les
AID ont toujours souhaité visibiliser leurs actions,
en particulier à l’égard des partenaires
sociaux. C’est ce qui explique que, depuis février
1988, une convention unit les AID aux services publics de
la formation et de l’emploi (FOREM, ORBEM, IBFFP), gérés
paritairement. |
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| 5. |
Réussir
l’insertion est un projet énorme qui n’est
pas à la portée d’une seule institution.
Aussi s’impose-t-il d’organiser des collaborations.
En quelque sorte, dès le moment où le projet
est formulé, il ne peut se réussir qu’à
condition de fonctionner en partenariat. Autrement dit, comme
condition de réussite de leur projet, les AID acceptent
d’être partiellement dépossédées
de leur projet. En effet, faire du partenariat, c’est
intégrer en partie la logique d’action de partenaires,
c’est une situation de compromis : personne n’y
retrouve tout à fait son bébé mais, en
évaluant, chacun peut voir qu’il y a plus d’avantages
que d’inconvénients à telle ou telle collaboration. |
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| 6. |
Les
partenaires peuvent être différents de centre
à centre. Un centre AID a par ailleurs le devoir de
s’insérer lui-même dans un ensemble de
service d’aide sociale et de formation. Il offre un
service spécialisé, accessible à la fraction
du public motivé à être accompagné
dans une démarche de formation/insertion. Les autres
personnes sont orientées vers l’aide qui correspond
le plus adéquatement à leurs motivations et
leurs capacités. Dès lors, s’il y a bien
projet commun, celui-ci ne se réussit que parce qu’il
y a des différences entre les centres, que des adaptations
sont mises en oeuvre. Il y a dans chaque centre une part d’éléments
originaux de tous les autres, irréductibles à
toute règle commune. |
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| 7. |
Si
l’insertion professionnelle est un objectif pertinent,
il ne peut être le seul, en particulier en une époque
où la société n’offre plus l’emploi
pour tout le monde. L’objectif est au moins autant de
citoyenneté. Faire des citoyens, c’est donner
aux personnes les moyens de se remettre en route, de faire
des projets, individuels ou collectifs, et de repérer
les itinéraires à parcourir pour les réussir,
qu’ils soient projets d’emploi ou tout autre.
Autrement dit, la démarche des AID s’inscrit
clairement dans les objectifs de l’éducation
permanente.
Elle s’appuie corrélativement sur ses méthodes
:
...- Démarche collective
plutôt qu’individuelle;
...- Partir des souhaits des
gens, des situations de vie, des analyses
...- que les personnes font de
leurs situations;
...- Volonté d’aller
au rythme des personnes pour éviter de nouvelles
...- exclusions;
...- veiller à ce que
l’apprentissage technique soit accompagné d’un
...- apprentissage social;
...- Création d’un
conseil coopératif dans chaque centre en vue de
...- permettre une prise de parole
des personnes elles-mêmes sur
...- l’organisation générale
de la formation. Et donc d’apprendre la
...- citoyenneté “sur
le tas”, par des exercices d’expression,
...- de négociation, d’évaluation. |
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| 8. |
Deux
formules pédagogiques co-existent dans les AID :
...-
L’OISP (organisme
d’insertion socio-professionnelle) organise des
...-
formations collectives dans un cadre
structuré en modules :
...-
c’est un même groupe qui
suit le même programme aux mêmes dates;
...-
L’EFT (entreprise
de formation par le travail) organise des formations
...-
sur le mode du compagnonnage. L’activité
pratique, structurée en
...-
entreprise, y occupe une large partie
du temps hebdomadaire, un
...-
moniteur étant entouré
de quelques personnes seulement, auxquelles
...-
elle apprend le métier. L’action
implique une relation avec un “client”,
...-
mais celle-ci ne passe pas nécessairement
par une relation
...-
commerciale, ni par une activité
économique rentable : l’activité
...-
est choisie d’abord pour ses
qualités pédagogiques (exemple : la
...-
sérigraphie, l’imprimerie,
peuvent avoir un impact considérable pour
...-
motiver les apprentissages les plus
divers ; de là à être en mesure de
...-
faire une entreprise rentable au sens
strict du terme, il y a un pas qui
...-
est loin d’être franchi).
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